le blog d'hélène

"Si la jeunesse n'a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort." François Mitterrand

08 octobre 2006

Ecole de la promotion sociale

L’enseignement public a permis tout au long du siècle dernier une considérable massification de l’accès au savoir et l’élévation générale du niveau d’instruction de la population. Il est important de souligner l’ampleur du défi relevé par le service public et les réussites du système. Pour autant, le projet démocratique et social de l’école est en crise. La crise de l’école est d’abord une panne de l’ascenseur social. L’école reproduit voire même accentue les disparités sociales au lieu d’offrir à chacun la possibilité de devenir un citoyen à part entière et de réaliser un projet de vie.

Dans sa loi sur la prévention de la délinquance, M. Sarkosy va jusqu’à demander aux enseignants de détecter les futurs délinquants dès 3 ans. Pour cela, ils doivent établir des listes d’enfants présentant des troubles. Face à cela nous prônons la mise en place d’une pré-scolarisation gratuite dès 2 ans et afin de combattre les inégalités à la racine, tous les enfants âgés de 3 ans doivent trouver une place dans une école maternelle ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. L’encadrement en maternelle doivent devenir une priorité, encadrement qui doit garantir un maximum de 20 élèves par classe et la présence d’au moins deux adultes.

Supprimer la carte scolaire, comme le proposait Mr Sarkosy récemment, c’est mettre les établissements scolaires en compétition entre eux, favoriser ceux situés dans les quartiers favorisés et ghettoïser encore plus ceux des quartiers défavorisés. Cette carte doit au contraire être maintenue et surtout respectée, car elle garantit une véritable mixité sociale. Mais son découpage doit être revu afin qu’elle puisse réellement jouer son rôle. De plus, les moyens de luttes contre toutes les formes de détournement de celle-ci doivent être renforcés.

Une politique d’orientation doit être mise en œuvre pour aider les élèves à choisir leur orientation de façon positive et non par défaut. Il faut favoriser la logique d’orientation et non la logique de sélection. Pour cela, l’orientation ne doit plus être uniquement cantonnée à quelques heures obligatoires et laissée aux seuls conseillers d’orientation, trop peu nombreux et connaissant mal les jeunes. Ces conseillers doivent être recrutés en plus grand nombre, mieux formés et surtout être là pour accompagner la démarche des professeurs et des élèves. Nous militons aussi pour une réforme du bac qui tout en conservant à cet examen son caractère anonyme et national, condition de l’égalité des chances, prenne en compte la progression des lycéens par l’instauration de partielles.

Face à la primauté des grandes écoles, outil de reproduction des élites, d’affirmation de la domination d’une classe sociale, prônée par la droite, nous proposons la création d’un réel service public de l’enseignement supérieur qui doit être mis en place grâce à une refonte du système actuel (université + grandes écoles) afin de répondre à la massification observée depuis quelques années.

A l’avenir, plus aucun étudiant ne doit sortir du système sans qualification, c’est pourquoi nous voulons qu’une professionnalisation durable des études soit mise en place. Nous exigeons l’abrogation de l’apprentissage à 14 ans et le travail de nuit des jeunes dès 15 ans et nous demandons à ce que la scolarisation reste obligatoire jusqu’à 16 ans. L’allocation d’autonomie, portée par le MJS depuis longtemps et intégrée au projet socialiste, a pour but de permettre aux étudiants de vivre décemment et d’étudier dans de bonnes conditions. Il s’agit d’une aide unique, universelle et juste. Pour en bénéficier chaque jeune devra remplir une déclaration fiscale indépendante de celle de ses parents. Cela permettra aux étudiants issus de milieux défavorisés de profiter de l’ascenseur social qu’est le système éducatif qui se doit de rester un servie public à part entière.

Avec la loi Fillon, la droite nous a démontré sa volonté de sacrifier notre droit à l’avenir ainsi que celui à l’égalité des chances. Alors que nous nous voulons une école où chacun puisse réussir. Une école qui joue réellement son rôle d’ascenseur social et qui permette au plus grand nombre d’obtenir des diplômes qui débouchent sur une insertion plus aisée dans la vie active.

Posté par lycorne58 à 13:19 - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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