le blog d'hélène

"Si la jeunesse n'a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort." François Mitterrand

09 avril 2008

Vu de ma fenêtre

Vu de ma fenêtre, y'a que des bâtiments
Si j'te disais que je vois de la verdure, tu saurais que je mens
Et puis pour voir un bout de ciel, faut se pencher franchement
Vu de ma fenêtre, y'a des petits qui font du skate, ça fait un bruit, t'as mal à la tête
Et puis y'a des gars en bas qui galèrent
Ils sont là, ils font rien, ils prennent l'air
Surtout le printemps, surtout l'été, surtout l'automne, surtout l'hiver
Vu de ma fenêtre, y'a vachement de passage, de Carrefour à la mairie je vois des gens de tout âge
Du métro à la boulangerie, je vois toutes sortes du visages
Et puis en face bien sûr, y'a Vidéo-Futur, toute la nuit, les mecs s'arrêtent devant en voiture
Franchement le patron, il doit être blindé
Moi aussi quand je serai grand, je veux vendre et louer des DVD
Je suis aux premières loges pour les arrachages de portables, j'ai une vue très stratégique
Si j'étais une poukave, je louerais mon appart comme planque aux flics
Vu de ma fenêtre, y'a le café de France, juste en bas, à deux pas
Il est tenu par des Rebeus, j'te jure, ça s'invente pas
Y'a des meufs bien coiffées qui viennent prendre un café,
Y'a des petits couples sereins qui viennent boire un coup avant d'en tirer un
Et y'a des gentils poivrots qui viennent oublier leurs galères dans la bière
Surtout le printemps, surtout l'été, surtout l'automne, surtout l'hiver
Aux beaux jours, ils mettent même des tables en terrasse
Vu de ma fenêtre, y'a plein de monde au soleil c'est ma classe
Et comme je vois tout, de ma planque, comme un keuf
Mes potes m'appellent avant de venir pour savoir s'il y a de la meuf
Vu de ma fenêtre, celui que je vois le plus souvent c'est Ludo
Il est gentil mais quand tu le croises c'est pas forcément un cadeau
Si tu le supportes pendant une heure, j'te jure t'es costaud
C'est le mec qu'on appelle la cerise sur le ghetto
Vu de ma fenêtre, c'est pas de la télé-réalité, ni un sitcom d'AB Production
Et je vois pas mal de gens qui triment et voient la vie comme une sanction
Et même si face à la galère, ils préfèrent se taire, ils mettent pas de genoux à terre et le poing en l'air ils restent fiers
Surtout le printemps, surtout l'été, surtout l'automne, surtout l'hiver
Parce que oui, vu de ma fenêtre, je vois pas mal d'espoir
Quand je vois le petit blond jouer au foot avec le petit noir
Quand je vois des gens qui se bougent, quand je vois des gens qui se mettent des coups de pied au cul,
Pour sortir de la zone rouge, et pour que la vie vaille le coup d'être vécue
Quand je vois ces deux hommes qui boivent un coup en riant, alors qu'ils sont soi-disant différents,
Parce que l »un dit « Shalom » et l'autre dit « Salam » mais putain ils se serrent la main, c'est ça l'âme de mon slam
Je prends ça comme un bon signe, c'est peut-être un espoir infime
Mais je te jure que je l'ai vu, c'est pas pour la rime
Bon c'est vrai que vu de ma fenêtre, je vois aussi la galère, la misère, les suicidaires, et les retours au pays en charter
Mais je suis un putain de rêveur, un grand optimiste, c'est une philosophie qui me suit,
Alors je me dis que ça peut s'arranger. J'espère donc je suis.
Vu de ma fenêtre, y'a que des bâtiments
Si j'te disais que je vois de la verdure, tu saurais que je mens
Et puis pour voir un bout de ciel, faut se pencher franchement
Mais vas-y viens chez moi, on regardera par la fenêtre.
Tu comprendras pourquoi je rigole, pourquoi je crains, pourquoi je rêve, pourquoi j'espère
Surtout le printemps, surtout l'été, surtout l'automne, surtout l'hiver.

Grand Corps Malade

Posté par lycorne58 à 18:29 - Autre - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 juin 2006

Les voyages en train

J'crois que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand je vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare,
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard.

Les trains démarrent souvent au moment où l'on s'y attend le moins,
Et l'histoire d'amour t'emporte sous l'oeil impuissant des témoins,
Les témoins c'est tes potes qui te disent au revoir sur le quai,
Ils regardent le train s'éloigner avec un sourire inquiet,
Toi aussi tu leur fais signe et tu imagines leurs commentaires,
Certains pensent que tu te plantes et que t'as pas les pieds sur terre,
Chacun y va de son pronostic sur la durée du voyage,
Pour la plupart le train va derailler dès le premier orage.

Le grand amour change forcément ton comportement,
Dès le premier jour faut bien choisir ton compartiment,
Siège couloir ou contre la vitre il faut trouver la bonne place,
Tu choisis quoi une love story de première ou d'seconde classe.

Dans les premiers kilomètres tu n'as d'yeux que pour son visage,
Tu calcules pas derrière la fenêtre le défilé des paysages,
Tu te sens vivant tu te sens léger tu ne vois pas passer l'heure,
T'es tellement bien que t'as presque envie d'embrasser le controleur.

Mais la magie ne dure qu'un temps et ton histoire bât de l'aile,
Toi tu te dis que tu n'y est pour rien et que c'est sa faute à elle,
Le ronronement du train te saoule et chaque virage t'écoeure,
Faut que tu te lèves que tu marches tu vas te dégourdir le coeur.

Et le train ralentit et c'est déjà la fin de ton histoire,
En plus t'es comme un con tes potes sont restés à l'autre gare,
Tu dis au revoir à celle que tu appelleras désormais ton ex,
Dans son agenda sur ton nom elle va passer un coup de tipex.

C'est vrai que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand je vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare,
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard.

Pour beaucoup la vie se résume à essayer de monter dans le train,
A connaitre ce qu'est l'amour et se découvrir plein d'entrain,
Pour beaucoup l'objectif est d'arriver à la bonne heure,
Pour réussir son voyage et avoir accès au bonheur.

Il est facile de prendre un train encore faut il prendre le bon,
Moi je suis monté dans deux trois rames mais c'était pas le bon vagon,
Car les trains sont crapricieux et certains sont innaccessibles,
Et je ne crois pas tout le temps qu'avec la SNCF c'est possible.

Il y a ceux pour qui les trains sont toujours en grèves,
Et leurs histoires d'amour n'existent que dans leurs rêves,
Et y'a ceux qui foncent dans le premier train sans faire attention,
Mais forcément ils descendront dessus à la prochaine station,
Y'a celles qui flippent de s'engager parce qu'elles sont trop émotives,
Pour elles c'est trop risqué de s'accrocher à la locomotive,
Et y'a les aventuriers qu'enchainent voyages sur voyages,
Dès qu'une histoire est terminée ils attaquent une autre page.

Moi après mon seul vrai voyage j'ai souffert pendant des mois,
On s'est quitté d'un commun accord mais elle était plus d'accord que moi,
Depuis je traine sur les quais je regarde les trains au départ,
Y'a des portes qui s'ouvrent mais dans une gare je me sent à part.

Il parait que les voyages en train finissent mal en général,
Si pour toi c'est le cas accroche toi et garde le moral,
Car une chose est certaine y'aura toujours un terminus,
Maintenant tu es prévenu la prochaine fois tu prendras le bus.

Grand Corps MaladeLes voyages en train

Posté par lycorne58 à 12:31 - Autre - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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